Scubapro G2

Le retour du roi ?

Présentation :

Le G2 (pour Galileo 2) a été annoncé par Scubapro il y a un peu plus d’un an. Il a la lourde charge de succéder au Galileo Sol et Luna.

En 10 ans, le Galileo avait en effet perdu de sa superbe. S’il avait gardé l’exclusivité de la gestion du rythme cardiaque, il était dépassé par les nouveaux modèles à écran couleur et à batterie rechargeable. La connexion infra-rouge est également un vestige d’une autre époque.

G2 vs Galileo

Le G2 à côté du Galileo

Le G2 se pose dans la succession directe du Galileo, mais apporte donc une batterie rechargeable, un écran couleur et une connexion Bluetooth. La gestion du rythme cardiaque a aussi été améliorée avec la prise en compte de la température de la peau dans le protocole de désaturation. Le G2 en profite pour se débarrasser de la marque Uwatec et pour coller à la nouvelle terminologie de Scubapro en raccourcissant « Galileo 2″en « G2 ».

Au passage le G2 a fait une sacrée cure d’amaigrissement et parait bien petit à côté de son prédécesseur : le poids passe de 290gr à 205gr et l’écran de 8cm à 5.6cm de diagonale, soit une baisse de 30% dans les deux cas. Cela s’explique sans doute par la consommation en énergie de l’écran couleur qui oblige les constructeurs à des compromis sur leur taille. On notera aussi que la profondeur maximale passe de 330m à 120m, sans que cela ne pose problème à l’immense majorité des plongeurs.

G2 sous l'eau

Le G2 au palier de sécurité en mode « graphique »

On retrouve le design typique du Galileo avec l’excroissance déportée qui abrite la batterie et les boutons métalliques sur le dessus. La structure des menus est similaire à celle du Galileo et, hormis le nouvel affichage graphique, l’affichage de l’écran est assez similaire. Un propriétaire de Galileo ne sera pas dépaysé, et c’est une volonté de la part du fabricant qui communique largement sur la simplicité d’utilisation du G2.

Scubapro insiste en effet sur la simplicité d’usage et la lisibilité des menus. La navigation à trois boutons reste en effet très aisée mais n’est pas vraiment révolutionnaire. En revanche la possibilité de désactiver totalement certaines fonctions permet d’alléger les menus pour le plongeur loisir puisque les mentions liées au multigaz, au trimix, à l’apnée, au sidemount ou au recycleur peuvent tout simplement disparaitre des menus.

G2 light

Le mode « light », vraiment minimaliste (et un EON Core à coté)

On décerne au passage un vrai bon point à Scubapro qui a gardé la compatibilité avec les sondes de gestion d’air des autres modèles, permettant ainsi à ses clients fidèles de se mettre à jour à moindre cout.

Dans la boite de cette version complète, on trouve l’ordinateur, la sonde, le cardiofréquencemètre et le câble de rechargement et synchro. Tout ça se range dans une petite valise de protection de belle qualité mais un peu trop imposante à notre gout pour faciliter la vie de son propriétaire : elle est quasiment aussi grosse qu’une sacoche à détendeurs.

G2 boite

Le G2 et sa boite très complète

On conclut cette présentation en mentionnant l’existence d’une version « console » du G2 avec un connecteur rapide. Si ce format n’a pas vraiment beaucoup d’adeptes chez nous, il reste intéressant et permet une gestion d’air sans sonde. On regrettera néanmoins que cela ne permette pas de réduire le prix de cette version.

Sous l’eau :

Sous l’eau, le G2 propose enfin un écran couleur vraiment convaincant. Si vous avez lu nos essais des concurrents à écran couleur vous le savez, nous avons toujours déploré la présence de reflets dans les situations à forte luminosité.

L’écran du G2 propose un affichage suffisamment lumineux pour rester lisible dans quasiment toutes les circonstances. La batterie est vendue pour un maximum de 50h d’utilisation, mais avec la luminosité à fond il faudra compter sur environ 20h ce qui ne sera pas vraiment un problème. Scubapro semble avoir trouvé un très bon compromis sur ce domaine.

G2 vs Shearwater

L’écran du G2 n’a rien à envier à un Shearwater, dans la pratique il est même un peu plus lisible

On retrouve les modes « light », « classic » et « full » qui restent assez similaires au Galileo premier du nom. Ils sont complétés par un nouveau mode « graphique » qui a vite recueilli notre adhésion, il affiche les informations nécessaires et la courbe de profondeur reste très agréable à avoir sous l’œil.

G2 light
G2 Classique
G2 full
G2 graphique

  
Illustration du manuel pour les modes light, classique, full et graphique.

Pour le reste, comme d’habitude chez Scubapro, la désaturation, la boussole et la gestion d’air n’appellent pas de commentaire particulier, tout se passe sans aucun problème.

Certains regretteront sans doute le choix fait par Scubapro de diminuer les vitesses de remontées maximales puisque celle-ci est passée de 20 m/min sur le Galileo à 10 m/min sur le G2 dans la zone des 50m, à 23m c’est moins gênant puisqu’on passe de 10 m/min à 8.6 m/min. En cas de dépassement le G2 réduit la durée no-deco et peut aller jusqu’à imposer des paliers. Lors d’une plongée « yoyo » celui-ci a tout de même été beaucoup moins restrictifs que le Suunto testé en même temps.

G2 paliers

En mode light, le G2 bascule automatique en affichage classique si il y a des paliers.

Pour être honnête, nous n’avons pas utilisé le cardiofréquencemètre, cette fonctionnalité nous semblant assez anecdotiques et son usage pas toujours confortable sous une combinaison bien ajustée.

Au chapitre des fonctionnalités qui n’ont pas été testées dans le cadre de cet essai, rappelons que le G2 gère le multigaz jusqu’a 8 gaz en nitrox et trimix avec de l’O2 de 8% à 100%. Ajoutons aussi une option sidemount qui suggère les changements de gaz à intervalle régulier et paramétrable. Enfin, le mode CCR est assez classique et propose le réglage de 2 setpoint haut et bas.

Après la plongée

La synchronisation en Bluetooth avec un téléphone ou en filaire avec un PC ne pose aucun problème. On regrette néanmoins l’absence d’un « cloud » avec une synchronisation entre les différentes applications. Cela commence à être la norme chez la concurrence.

G2 logtrack

LogTrak, le logiciel maison de Scubapro

G2 mobile
G2 mobile 2

  
Et l’appli mobile

Les 2 applications sont fonctionnelles mais semblent un peu basiques, on regrettera ici un certain manque d’innovation de la part du fabricant sur ces aspects logiciels même si pour certains plongeurs ces fonctionnalités relèves du gadget.

Conclusion

A la fin de cet essai, la conclusion s’impose d’elle-même : le G2 est sans aucun doute l’ordinateur le plus abouti chez les constructeurs généralistes. Pour autant, le tableau n’est pas complétement rose : Si le G2 se pose volontairement dans la continuité du Galileo, cela peut aboutir à la sensation d’un manque d’innovation dans les fonctionnalités et dans l’interface.

Par ailleurs, Scubapro devrait sans doute améliorer les « a cotés » avec une modernisation des applications et la mise en place d’une synchronisation facile entre elle, avec la possibilité d’avoir un carnet de plongée en ligne.

G2 charge

G2 avec son câble de charge et synchro

A l’heure ou ces lignes sont écrites, le G2 se trouve à moins de 800€ tout seul en Franceen promo à 860€ avec la sonde ou aux alentours des 950€ en version complèteretrouvez les meilleurs prix et les avis des membres sur la fiche scubadvisor du G2.

Dans cette gamme de prix, le G2 se retrouve en face des modèles Suunto EON suivant les options retenues. Sur le seul point de vue matériel ces concurrents ne tiennent pas la comparaison, mais les possibilités de personnalisations et les applications de chez Suunto peuvent faire pencher la balance. Au final les deux propositions auront leurs partisans.

Le pack complet n’a lui pas d’équivalent sur le marché, et le surcout pour accéder à la gestion de la fréquence cardiaque si cette fonction vous intéresse n’est plus aussi important qu’il ne l’était à l’annonce du G2.

Pour conclure, le G2 est sans aucun doute le meilleur ordinateur « grand public » du marché, mais on ne peut pas s’empêcher d’en attendre un peu plus de la part d’un leader comme Scubapro, surtout à l’occasion du renouvellement d’un ordinateur aussi abouti que le Galileo, pour ses 10 ans.

 23/08/2018   par Plongeur.com

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